Ithaca – A Game for All Who Know

Written on 04/12/2009 by Junko UK flag

ithaca Cette pochette hideuse – ce truc violet sur la gauche avec de gros ronds jaunes – est indigne du disque qu’elle recouvre, mais il est difficile de trouver des images d’Ithacalast.fm logo. Il est difficile de trouver quoi que ce soit sur Ithaca en règle générale. Certains groupes ne rencontrent jamais le succès ; il faut dire que certains groupes ne cherchent pas le succès de toute façon.

En 1973, Joe Ferdinando, Peter Howell et Lee Menelaus ont sorti – sous le nom d’Ithaca – un album intitulé “A Game for All Who Know“. Ils ont pressé une centaine d’exemplaires de ce vinyle autoproduit afin de les distribuer aux amis et à la famille. L’objet est devenu collector pour les amateurs de musique folk rock progressive 70’s particulièrement obscure… Oui, réellement très obscure, il suffit d’aller sur Last.fm pour s’en apercevoir : 463 auditeurs trente-six ans après sa sortie. Un trésor est toujours caché paraît-il, néanmoins ceux qui ont la chance de l’avoir trouvé devraient le partager du mieux qu’ils peuvent, d’où l’existence de ce texte.

Certains groupes ne rencontrent jamais le succès, écrivais-je. Parfois, l’aspect expérimental de leur musique explique cet anonymat : elle est trop déstructurée, trop difficile d’accès, voire en avance sur l’époque, on dira d’eux qu’ils sont avant-gardistes. Il n’y a rien d’avant-gardiste dans ce disque – “A Game for All Who Know” – ni même d’expérimental, du moins quand on connaît les expérimentations musicales des années 70, de Pink Floyd à Franz Zappa. En fait, le premier adjectif qui vient à l’esprit en l’écoutant est “mélodique”, voire “symphonique”. En effet, malgré les changements de rythme ou les bruits plus ou moins saugrenus en arrière fond (tonnerre, papier froissé…), les morceaux “coulent” dans l’oreille à la manière des meilleures chansons pop, et la complexité instrumentale (guitare acoustique et électrique, piano, orgue…) n’est pas forcément perceptible à la première écoute tant les arrangements sont réussis, d’autant que l’auditeur est suffisamment transporté par ce qu’il entend pour ne pas tenir compte des “détails techniques”. Certains de ces morceaux font partie de ceux dont on se dit : il n’y a rien à enlever, rien à ajouter, c’est l’équilibre parfait et fragile.

Par ailleurs, ce disque crée une atmosphère particulière, à la fois légère et inexplicablement mélancolique. Peut-être est-ce dû aux paroles… Il y a une histoire derrière ces titres. N’étant pas anglophone et n’ayant pas les textes sous les yeux, je ne prétendrai pas l’avoir comprise parfaitement… Cependant, j’ai perçu une narration, des idéaux hippies et des passages assez mystiques, quelque chose d’étrange et de désenchanté, une sorte de fuite dans un univers parallèle rêvé. Cette impression pourrait être renforcée par la voix angélique, pas toujours juste mais néanmoins très agréable à entendre, de la chanteuse Lee Menelaus sur certains morceaux. Quoi qu’il en soit, au bout de ces six titres – soit 32 minutes – il semble presque s’être écoulé cinq ou dix minutes, car chaque fraction de seconde est une douceur à savourer, un plaisir auditif (mention spéciale au second titre ci-dessous, celui qui a donné son nom à l’album mais comme il était assez long, j’ai préféré le mettre en seconde position par peur de lasser l’auditeur sceptique).

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Journey (Destruction-Rebirth / Pattern of life)

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Journey II (A game for All Who Know)

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Feelings (Look Around / I Want To Feel you)

Le vinyle est introuvable, mais l’album a été réédité en CD à deux reprises, pour la dernière fois par Acme Records en 1992, avec deux belles chansons inédites en bonus. Cependant, il faut fouiner pour le trouver désormais, sur Ebay ou sur Amazon entre autres.

2 Responses to “Ithaca – A Game for All Who Know”

  1. Je viens juste de lire ton “à propos”. Vraiment chouette que tu te sois lancée. D’autant plus que la qualité est bel et bien au rendez-vous. Si je peux te donner un conseil, c’est de rester toi-même. Un blog a l’avantage de te donner carte blanche. Exploite donc cette possibilité du mieux que tu peux ! Moi je dis ça, je dis rien : mon blog il déchire déjà sa race. J’aime pas trop la concurrence, alors reste tranquille, tu veux ? Non mais de quoi je me mêle ?

  2. Oh un Heebooh sur ce blog, et en plus un Heebooh qui m’encourage…! Ton blog fait partie de ceux qui m’ont donné envie de me lancer, alors ton commentaire est très flatteur. J’espère que la qualité restera au rendez-vous, à tes yeux ou à tes oreilles notamment. Oui mais d’une certaine manière, c’est cette possibilité de “carte blanche” qui est intimidante, même si elle est enivrante aussi. Musicalement, je pense qu’il m’est impossible de ne pas être moi-même en réalité. Ne t’inquiète pas, je ne te ferai pas de concurrence, ne serait-ce que parce que je serais incapable d’écrire les textes de ton blog… Mes ambitions sont bien plus modestes !
    Merci pour ce commentaire qui me fait sourire tout en me donnant envie de continuer.

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