Янка Дягилева (Yanka Dyagileva)

Written on 13/01/2010 by Junko UK flag

yankaYanka DyagilevaMySpace logolast.fm logowikipedia logo a commencé à diffuser les chansons qu’elle a écrites et composées à la fin des années 80. Officiellement, Yanka Dyagileva n’a rien sorti. Elle s’enregistrait dans les appartements de ses amis et transmettait ses K7 en douce car ses textes critiquaient violemment le régime communiste. Pour promouvoir ses compositions, Yanka faisait du stop afin de se produire dans les clubs secrets de la Russie. Le 9 mai 1991, Yanka est sortie fumer une cigarette hors du domicile parental, dans son village natal, mais elle n’est jamais revenue. Le 17 mai 1991, elle a été retrouvée noyée dans une rivière très loin de sa maison, morte à l’âge de 24 ans. On pense généralement qu’elle s’est suicidée car ses proches la savaient dépressive. La thèse de l’assassinat a également été défendue. Officiellement, sa mort est accidentelle. Avec une telle histoire, Yanka Dyagileva avait tout pour devenir une légende, une incarnation du punk, de l’underground et de la rébellion artistique russes, ce qu’elle est effectivement devenue… en Russie uniquement.

Yanka Dyagileva a été brièvement citée durant l’été 2008 grâce au disque de reprises “Eveyone is crying out to me, beware!” d’Alina SimoneMySpace logolast.fm logo. Cependant, les journalistes se sont généralement contentés d’écrire : “reprises de Yanka Dyagileva (chanteuse et poétesse russe)”, ou “reprises de Yanka Dyagileva (artiste décédée)” (sic). Bref, la musique de Yanka n’a pas acquis beaucoup plus de popularité via l’hommage d’Alina Simone. De toute façon, celui-ci était bien produit, rempli d’instruments joliment orchestrés, mais les morceaux étaient radicalement différents des originaux… Ils n’avaient précisément pas le charme rugueux des enregistrements faits dans l’urgence avec la peur d’être arrêtée par le KGB, sans moyens, mais avec une conviction inégalable dans ce contexte.

Autant l’avouer d’emblée : avant de l’écouter j’avais envie de l’aimer… parce que j’admire les dissidents en général d’une part, parce que sa créativité en si peu d’années (une dizaine de K7, concerts y compris, entre 1988 et 1991) et dans ces conditions difficiles me paraît admirable d’autre part. Enfin, c’est une artiste qui ne vivait pas de sa musique, elle s’enregistrait et se produisait en passionnée révoltée. Par conséquent, j’aurais pu être déçue… Je ne l’ai pas été.

Ses enregistrements sont déconcertants dans le sens où ils ne sont pas “homogènes” : un titre folk, un autre post-punk, le suivant psychédélique… Cependant, il y a systématiquement ce ton rageur, révolté, au delà du désespoir, indubitablement sincère, et il n’y a pas besoin de parler russe pour percevoir ce chant universel d’une colère désespérée et revendicative. En cela, il me semble que Yanka Dyagileva peut être appréciée universellement.  Néanmoins, je regrette de ne pas pouvoir comprendre ses textes en russe car je suppose que son statut de “poétesse russe” est mérité. Alina Simone en a traduit certains en anglais, par exemple : “I will have to swap the ritual / That I am sick and tired of / For a deadly missile / The squeaky chair at the table / For a child’s scream around the corner / The wreath of tangles roses / For a depressive psychosis / The psychedelic paradise / For three bolts for the shack“. Si un billingue en français ou anglais et russe dévoué passe dans les parages, j’aimerais réellement posséder toutes les traductions. Malgré tout, en attendant, je suis émue lorsque j’entends Yanka Dyagileva chanter.

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Янка ДягилеваПридёт вода

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Янка ДягилеваБерегись!

3 Responses to “Янка Дягилева (Yanka Dyagileva)”

  1. Je l’écoute beaucoup ces dernières heures.
    J’avais beaucoup aimé l’album d’Alina Simone, même si il n’en a pas l’intensité ni la rugosité de l’interprétation initiale.

  2. L’album d’Alina Simone m’avait laissé assez indifférente. Il s’était déroulé sans me déranger, sans me toucher non plus. En règle générale, je trouve la musique d’Alina Simone trop “lisse” et c’est encore plus flagrant sur ce disque de reprises. Cependant, je sais qu’il est tout à fait possible d’aimer les deux albums, ou même de préférer celui d’Alina Simone.

  3. Yanka sempre!

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